La famille Cortès est de retour, et bien mal en point...
Joséphine sombre dans un quotidien languissant et terne depuis la mort de sa soeur Iris, Hortense peine à faire sa place dans ce monde si convoité de la mode, Zoé est amoureuse de Gaëtan exilé en province, Shirley est en colère et ne sait pas vraiment contre qui ou quoi, Josiane et Marcel ont bien du mal à suivre le petit Junior et son QI surdimensionné...

Après ma découverte de Pancol avec Les yeux jaunes des crocodiles que j'avais adoré et La valse lente des tortues  qui m'avait un peu déçu, c'est avec plaisir que je me replonge dans la saga de Joséphine et de ses proches.

Première surprise, ce tome est énorme (850 pages rien que çà) ! Beaucoup plus que les deux précédents, alors qu'on aurait pu croire que La Valse lente des tortues clôturait les aventures de la famille Cortès ; que peut bien nous réserver Pancol ?
Je vous vois venir mais je ne dirais rien ! Car on va de surprise en surprise, se coulant dans cette lecture à la fois prenante, douce et agréable.

Les personnages sont maintenant bien implantés et on passe de l'un à l'autre via la structure narrative sans problème (même s'ils commencent à être nombreux !) et Pancol se permet d'en introduire de nouveaux, au fil des rencontres.

Je reprochais au dernier tome un côté surfait et peu réaliste, rien de tout cela ici. Pas vraiment d'intrigue principale non plus. Les différents acteurs se retrouvent à un tournant de leur vies respectives et doivent faire des choix pour aller de l'avant, guérir une plaie, comprendre leur faille... Des intrigues intimistes donc mais qui s'entrecroisent naturellement en une belle alchimie.
Une nouvelle réflexion aussi sur l'écrivain et son métier : son malaise face au silence de la plume, les chutes de créativité et les élans soudains qui prennent le pas sur tout le reste ; exprimée avec justesse malgré toute la difficulté qu'il peut y avoir à mettre des mots sur ces moments particuliers. Le résultat est assez imagé et on lit avec les yeux de l'évidence : Joséphine est "enceinte" de son livre qui prend forme, et un personnage secondaire de dire de la fiction qu'elle "doit faire oublier la vaisselle sale dans l'évier". Tout simplement, j'adore.
Le personnage de Junior reste le seul point encore irréaliste mais finalement je m'y suis habituée. Une touche de fantastique loufoque qui tout compte fait a sa place dans le récit une fois qu'on s'y familiarise.

J'ai passé un très bon week-end en compagnie de Joséphine et de sa famille : de la littérature simple mais efficace. Les intrigues amoureuses m'ont accroché au livre jusqu'à la dernière page et je me suis surprise a m'enticher de personnages que je n'appréciais guère dans les tomes précédents, et inversement, dans ce tome où chacun évolue, change, s'adapte et mûri.
Un très bon retour de Pancol donc, après un second tome moins efficace, et qui laisse quelques pistes en suspens... pour peut-être un quatrième opus ?



Katherine Pancol, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi