Depuis les premières illustrations du pêché originel ou encore de la crucifixion du Christ, l'art s'interroge sur les tendances criminelles de l'Homme et sur la réponse qu'y apporte Dieu ou la société à travers les châtiments.

Inspiré du célèbre roman de Dostoïevski, cette expo temporaire regroupe de grands noms de la peinture, sculpture et littérature autour de ce couple thématique qui à travers les âges et aujourd'hui encore interpelle.

Il y avait grand monde, en ce premier dimanche du mois (jour de gratuité des musées nationaux), à s'être levés tôt pour se retrouver dans les files d'attente malgré le vent et sous une pluie intermittente. Pour accéder à l'expo, touristes et parisiens doivent tout de même prendre un billet symbolique : 1€50 ! Pourquoi s'en priver ?

Il faut reconnaître que cette dernière suscite bien des curiosités. Un côté osé, qui sort de l'ordinaire et qui nous présente une culture artistique différente, au service de l'Histoire, d'un sujet philosophique et politique.

Et une fois dedans ? Et bien on est pas déçu !
Malgré la foule de ce dimanche, j'ai été tour à tour surprise, admirative, souriante, choquée, émue...

L'exposition glisse sous nos yeux, par sous-thématique (la femme fatale, la peine de mort, le crime et la science...), de grandes oeuvres et aussi de moins connues, des illustrations de presse, des expériences médicales, des objets de toute sorte ; le tout illustré par des citations littéraires sur les murs, de Victor Hugo à Camus en passant par De Quincey.

Je me suis donc baladée, de couloir en couloir, allant de surprise en surprise. En commençant par cette guillotine qui surplombe l'entrée et met tout de suite le visiteur dans l'ambiance : derrière l'esthétique de la violence, de la mort et de la sanction il y a une réalité qui n'a aucune beauté, une réalité cruelle.


Le couloir intitulée "Femmes fatales" est celui m'a le plus marqué. Les représentations de Lady MacBeth (dont celle de Louis Muller) principalement, mais aussi celles des "sorcières" incarnation de la femme maléfique et criminelle.
C'est aussi là que j'ai eu un véritable coup de coeur, un premier regard qui coupe le souffle avec La vague de Carlos Schwabe (1907)



Un tableau impressionnant (dont je n'ai pas trouvé de photo lui rendant honneur sur le net malheureusement), écrasant par sa taille, sombre mais lumineux, et les mains ! Ces mains... je ne m'en suis pas remise :)

Dans l'ensemble une expo intéressante mais qui peut être un peu choquante pour les plus jeunes (les reproductions sur moulage de têtes de guillotinés pour l'exemple), qui juxtapose avec justesse la beauté et l'horreur, la colère et la compassion et nous démontre qu'à toute époque le crime et sa punition ont passionné les hommes.

Crime et châtiment, exposition temporaire du Musée d'Orsay, jusqu'au 27 juin 2010
Infos, horaires et tarifs sur le site du musée