Tim Madden, écrivain en panne sèche, noie sa tristesse dans l'alcool et autres substances depuis le départ de sa femme.
24 jours déjà que celle-ci s'est enfuit avec un "grand black", lorsque Tim se réveille d'un trou noir et découvre du sang sur le siège passager de sa voiture...
S'en suit une enquête-introspection à la recherche de la mémoire et de preuves : Tim est-il un assassin ? Jusqu'à quel point pulsions et côté sombre peuvent prendre le pas sur la conscience lors d'une telle absence ?

Une enquête pour ou contre soi ? Le "héros" à la vie dissolue doit lutter contre lui même pour asseoir ou contredire son innocence.
Entre culpabilité, angoisse et soupçon il va falloir faire le tri. L'écrivain essaye de se comprendre aussi à travers son histoire, son historique et ses souvenirs, le tout marqué par l'absence à la fois déchirante et révoltante de sa femme.

Dans une petite ville côtière désertée en hiver, Tim, qui tente de cacher les preuves accablantes jusqu'à en savoir plus, va écluser toutes ses relations pour retracer le déroulement de la soirée oubliée.
On découvre alors une ville triste et morne qui laisse peu de loisirs convenables et dont les habitants n'hésitent pas à se tourner vers des activités plus lubriques (alcool, drogues, sexe et luxure...). Difficile donc de trouver des esprits clairs et honnêtes enclin à le renseigner convenablement.
Si on ajoute à cela un riche promoteur et ex-mari de la femme évaporée de Tim, mafieu sur les bords et homosexuel refoulé ; une ex-femme déjantée et cruellement matérialiste dont le fantôme rôde ; des petites frappes locales qui surveillent Tim et un chef de la police accro à l'herbe on est au final aussi perdu que Tim sur les pistes à suivre et sur la question de sa culpabilité...


Un roman surprenant et fourmillant.
Surprenant pour la part concernant l'inconscient et le souvenir, le va et vient d'introspection qui va avec.
Fourmillant pour le grand nombre de pistes et de personnages qui noient un peu le lecteur. Les personnages ont quasi tous, de plus, un surnom, si bien qu'il faut parfois lutter pour faire le lien.

D'une manière générale j'ai apprécié ce roman et je l'ai lu assez vite, bien que peu habituée au genre je l'ai trouvé original. Je regrette seulement que l'intrigue soit si cafouillie par moment et surtout lors des révélations du dénouement. Il y a part une part d'absurde dans ce roman, qui transparaît bien dans les dialogues (parfois même un peu trop), mais qui ne peut, à mon sens, pas être le seul mobile d'un crime si complexe.




Merci à Blog-o-Book et aux Editions Robert Laffont pour cette lecture

Norman Mailer, Les vrais durs ne dansent pas