Il y a des gens qui n'ont de cesse de vouloir titiller les autres.
De ces gens qui ne se sentent bien que dans le rôle du justicier, sûrs de leur bon droit sans même avoir pris la peine de regarder un peu devant leur porte.
Des gens qui croient que tout le monde, le reste du monde, devrait les remercier pour leur vaillance à faire chier les autres. Qui se croient aimés et respectés alors que tout le monde les déteste, et qui ne s'en aperçoivent même pas parce que c'est tout bonnement impensable à leurs yeux : qui pourrait ne pas aimer des gens si serviables, si respectables et à la si haute morale ?
De ces miséreux sociaux qui préfèrent détourner les yeux de leur propres vies, leurs défauts et leurs failles, pour aller critiquer et montrer du doigt celle des autres...
Des gens qui le temps de votre présence sont tout sourire et politesse tout en critiquant un autre, et qui une fois votre dos tourné ne se gênent pas pour vous tailler un costard en discutant, avec cet autre justement.
De ces gens qui, inclus dans un groupe, peuvent vous semer une belle discorde là où régnait la cordialité ; mais qui, une fois poussés dans leur derniers retranchements, s'avèrent d'un parfait manque d'intelligence.

Vous connaissez forcément des gens comme çà, nous en connaissons tous et si l'on a un peu de bon sens on fuit leur compagnie comme la peste.


Mes voisins sont de cette race là, et autant vous le dire, il y a de quoi devenir dingue devant tant de connerie.

Je ne suis pas une voisine exemplaire, je le reconnais. J'aime le principe du chacun chez soi et les hippopotames seront bien gardés, chacun sa vie, chacun ses emmerdes. Pour autant nous avons un immeuble agréable où tout le monde se dit bonjour, voire même discute 5 minutes dans l'escalier, où les gens se rendent service, s'invitent parfois selon les affinités et essayent de ne pas se gêner les uns les autres.
En cas de soucis, le plaignant va voir les personnes concernées et en parlant calmement et avec un peu de compréhension la plupart de ces soucis sont vite réglés.


Enfin çà c'était jusqu'à l'arrivée de mes voisins d'au dessus.
Ils sont pourtant loin eux aussi d'être des voisins idéaux. L'immeuble est assez vieux et l'on entend très facilement les bruits venant du dessus, nous y sommes habitués, enfin étions, parce qu'ils battent des records et en toute connaissance de cause : 2 enfants très mal élevés qui font de la trottinette sur le parquet d'un bout à l'autre de l'appartement, qui courent et crient partout dès 7h le matin (week-end compris), un monsieur peintre qui cloue ses toiles et ses cadres à n'importe quelle heure du jour et de la nuit (les soirs après 19h voire 20, le dimanche matin à 8h...), des barbecues merguez-partie dans la cheminée (oui oui dans la cheminée) qui empestent toute la colonne aussi bien en dessous qu'au dessus, des plantes sur les rebords de fenêtres sans bac ou coupelle qui me valent de belles inondations si j'ai le malheur d'ouvrir mes fenêtres les beaux jours et des vitres sales et boueuses le reste du temps...
Sans rire je n'en rajoute pas, je ne suis pas intolérante. Ils font des soirées aussi de temps à autres et çà ne me viendrait pas à l'esprit de leur dire quoi que ce soit.
Leur appartement couvrent deux de notre étage, nous partageons donc notre sort avec notre voisin de palier.
Je ne suis allée les voir que deux fois, au sujet des plantes. La première fois parce que j'avais eu le malheur d'être à la fenêtre au moment de l'arrosage et que, en plus d'une bonne douche pleine de terre; l'eau s'étant écoulée jusqu'à la rue je m'étais fait insulter par des passants qui me tenaient pour responsable (forcément hein j'étais à la fenêtre moi !). La seconde parce qu'un beau soir d'été j'avais laissé la fenêtre de ma chambre ouverte et que l'arrosage a été tellement abondant que l'eau a rebondit sur le bord de ma rambarde de fenêtre jusqu'à souiller mon lit (super heureuse de changer toute ma literie ce jour là ^^).
La troisième fois, j'ai perdu patience et de chez moi par la fenêtre je les ai traité de "Porcs irrespectueux", mais en même temps au bout d'un moment la coupe est pleine, et pétage de câble surtout quand on a prévenu gentiment à plusieurs reprises et que rien ne change.
Bizarrement çà les a calmé, enfin on en reparlera bientôt avec l'arrivée des beaux jours...

Notre voisin de palier lui a été beaucoup moins tolérant. Il est allé les voir à multiple reprises au sujet des plantes mais surtout du bruit. Au point qu'ils ont failli finir par en venir aux mains.

Mais le pire dans tout çà, c'est que ces langues de vipère avec lesquelles il est impossible de discuter (enfin en tout cas pas de manière à ce qu'il y ai un résultat ou une conséquence à la discussion) sont eux même les habitants les plus intolérants de l'immeuble.
À la différence près que loin de l'assumer et d'agir en conséquence ils optent pour de petits mots virulents scotchés sur la porte de l'ascenseur, se permettant ainsi d'insulter les gens copieusement sans se mouiller, et en signant "la copropriété" alors qu'ils n'en sont que membres comme tous les autres en aucun cas représentants, président ou que sais-je.
Ces petits mots doux ont instauré une certaine tension dans l'immeuble, et l'on se demande toujours en rentrant le soir qui en sera la prochaine victime...

La semaine dernière c'était moi et Toi qui à notre tour nous faisions traiter de "porcs" car des mégots été tombés dans la cour qui "n'est pas un cendrier". Nous n'étions pas nommés bien évidement, mais je sais qu'il s'agit de nous puisque depuis leur fenêtre du dessus ils voient très bien le cendrier sur ma fenêtre à moi.
Malgré l'agacement causé par le ton et la formulation, je réponds à mon tour au dos du mot scotché. Je fais poliment mon mea culpea en indiquant que le cendrier sur le rebord de fenêtre côté chambre est tombé à cause du vent (j'étais même descendu en pleine nuit dans la cour ramasser les morceaux de verre et m'assurer que je n'avais tué personne) et qu'il est possible que quelques mégots m'aient échappé. Que ce n'est pas la première fois que des objets tombent des fenêtres par accident (puisque çà leur arrivent régulièrement aussi !) mais que nous ferons plus attention. Je termine en indiquant que la moindre des politesses serait de venir nous voir directement en cas de problème et je signe de notre nom, étage et porte.

Et là je crois que j'aurai mieux fait de me taire. Parce que loin de venir nous voir, ils ont montré ma réponse à tout l'immeuble en se plaignant de notre "ton accusateur et déplacé"... Manque de bol nous nous entendons bien avec le président de la copropriété (que nous avions averti de suite du problème) qui au passage leur a remonté les bretelles pour avoir signé au nom de la copro, et nous avons donc vite été au courant de leurs manigances. Pour autant, pour nous l'incident était clos, on a pas que çà à faire de parler cendrier, cigarettes et mégots à toute la chrétienté à longueur de journée...

Sauf que hier soir, en rentrant tard et fatiguée de mon tennis j'ai eu le grand déplaisir de trouver un tas de mégots dans ma boîte aux lettres. Autant vous dire que je suis d'abord restée sur le cul devant tant de futilité, réaction d'orgueil infantile blessé...
En second lieu est venue la colère. Je ne vais quand même pas me laisser emmerder par des connards que je supporte sans mot dire de mon côté, surtout quand je vois le niveau de leur mentalité !
Le président de copro me dit qu'il ne peut rien faire, rien ne prouve qu'il s'agit bien d'eux -_-'. Soit on va faire çà à ma manière !

Conciliabule a donc été organisé avec le voisin de palier, c'est fini on ne leur lâche plus rien. Au moindre bruit suspect, à la moindre incartade on grimpe, ensemble si besoin. On se battra à coup de sonnette, de main courante, de lettre recommandée s'il le faut mais çà va saigner.

La guéguerre est lancée : SUS AUX CONNARDS !!