3 amis d'université : Julius, Marina et Danielle, désormais trentenaires new-yorkais tentent tant bien que mal de trouver leurs voies d'adultes.
Le manque est omniprésent, que ce soit celui laissé par la vie sentimentale, professionnelle ou la réalisation de soi. S'affranchir de la première jeunesse, de ses illusions et de ses espoirs pour avancer et être heureux.
En cette année 2001, le trio affronte le changement et se soutient, parfois se déchire, face aux interrogations et aux choix de chacun...

Ce roman est un sacré pavé, qui démarre très lentement et qu'on suit finalement comme un vieil ami.
Ce départ tout en longueur permet de nous rapprocher des trois personnages principaux et de nous familiariser avec leurs vies, leurs entourages et de ne plus se sentir étranger à la narration.

Claire Messud, que je découvre à cette occasion, a une écriture à la fois légère et évocatrice. Aucune lourdeur ou longueur au fil de ces quelques 700 pages !

Cependant (il y a toujours un mais avec moi en ce moment vous avez remarqué ?), même si la lecture est agréable en soi quelques éléments de fond m'ont laissé pantoise.
En premier lieu, l'intrusion de Bootie (le neveu indésirable) dont j'ai bien saisi le rôle au niveau narratif et aussi pour la structure d'ensemble, m'est resté complètement étranger. Je n'ai pas saisi son intérêt, ses motivations et sa psychologie...
Egalement au niveau du dénouement et de son lien avec le 11 septembre ; je ne suis pas sûre que les retournements de situation résultent d'un choc lié à cette date. Bien sûr il y a un avant et un après 09/11 mais pour autant la logique même des personnages nécessitait un revirement. Plutôt qu'un catalyseur, J'y vois plutôt un prétexte (cela dit un prétexte parfaitement intégré dans le récit et assez cohérent, sauf peut être dans le cas de Danielle où on frôle le too much à mon sens...)

Avec pour valeur ajoutée tout de même, le personnage de l'écrivain (et père de Marina) qui, bien que complexe, joue un rôle central et qu'on suit avec plaisir à travers les yeux de chacun.

Un roman épais et assez lent, qui se veut dans la description. Celle des difficultés de l'affirmation de soi dans une société moderne assez individualiste et aussi des désillusions et démystifications liées à l'entrée dans l'âge adulte. Le tout sur fond d'amitié, de complicité et de liens familiaux qui au fond, même si elles nous entravent parfois, restent les seules valeurs qui nous soutiennent et nous empêchent de chavirer !



Claire Messud, Les enfants de l'empereur

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix littéraire des blogueurs 2010. Ma note secrète a été transmise à George Sand.
Les avis des autres membres du jury ICI


6/10