Agnes est fille d'un pasteur de campagne désargenté. Ce qui ne l'empêche pas d'acquérir une bonne éducation par sa mère issue de la noblesse et mariée par amour.
Arrivée à l'âge adulte, et pour soulager un peu la charge de ses parents, Agnes décide de prendre une place de gouvernante.
Cette décision est également motivée par son désir de voir un peu le monde, tout en s'occupant de "charmants enfants".
Espoir qu'elle verra déçu en découvrant les garnements dont elle aura la charge au sein de ses deux différents postes, lui apprenant ainsi que richesse et aisance ne riment pas forcément avec qualité et bonne éducation...

Une fois de plus j'ai littéralement succombé aux soeurs prodiges avec ce roman.
Sous ses airs de Jane Eyre, Agnes Grey est une véritable héroïne par son dévouement et sa maîtrise de soi. A la différence de Jane qui tour à tour se défend, s'auto-apitoie mais ne reste jamais sans sourciller, Agnes sait rester impassible en toutes circonstances et principalement face aux injustices dont elle est fréquemment victime.

Pour autant, elle est ici narratrice des évènements et ne se prive pas pour livrer ses pensées et sentiments. Ainsi nous n'avons pas à faire à une potache sans caractère qui ne dit mot et endure, mais à une jeune femme assez rebelle (intérieurement) et souvent cynique, qui saura se laisser toucher par l'amour.

Un seul défaut, s'il fallait en trouver un, avec quelques passages longuets de dévotions religieuses qui même s'ils sont tout à fait cohérents avec le contexte (fille de pasteur aux hautes valeurs morales, discussion avec un pasteur etc...) ralentissent considérablement l'action ! (Et, en faible femme que je suis, je suis toujours impatiente, quand il s'agit de romance, de savoir ce qu'il va advenir des deux amoureux !!)



Anne Brontë, Agnes Grey

Brontë