Joanna, 6 ans, est la seule survivante d'un massacre incompréhensible commis par un détraqué en pleine campagne...
30 ans plus tard, le meurtrier est relâché et Joanna disparaît. Personne ne semble s'en inquiéter si ce n'est la jeune baby-sitter de la maison avec qui elle s'est liée d'amitié et qui va tenter l'impossible pour la retrouver, elle et son bébé.

On entre assez violemment dans ce roman puisqu'il s'ouvre avec la scène du drame vécue par l'héroïne encore enfant.
Ce premier chapitre est excessivement bien écrit et mis en scène et l'on s'attend à avoir là le ton du reste du roman. Et bien non.

On plonge ensuite dans un embrouillamini de personnages ayant un impact ou un lien plus ou moins directs avec les autres, mais de prime abord sans relations. Certaines apparaissent clairement ensuite mais d'autres poussent la coïncidence un peu loin, au risque de perdre toute vraisemblance (je pense notamment au détective et au meurtrier).
On croule également sous une quantité non négligeable de références littéraires pas toujours très pertinentes, et qui finissent par considérablement alourdir le texte.

Les personnages quant à eux sont assez bien bâtis. On sent toute la valeur et l'importance que leur a consacré l'auteur : historique, caractère, introspection, sentiments... rien n'est oublié.
La relation de Joanna avec son bébé arriverait presque à elle seule à faire endurer le reste (manque de pot elle disparaît...)

Et le reste ce n'est pas rien, puisqu'il s'agit uniquement de perversité, malaise, mal-être, mauvaises expériences de vie : la fille orpheline et malmenée par la vie, la vieille folle sectaire, l'homme rejeté et séparé de son fils, la femme inaccomplie et malheureuse en couple, le garçon qui a mal tourné et en veut à la terre entière, la mère terrifiée par son meurtrier d'ex-mari...
Alors soit, un lecteur peut endurer toute la misère du monde si tant est qu'il y ait au choix : du style, une critique / dénonciation ou au moins une finalité.
C'est là d'après moi que Atkinson pêche. J'ai enduré avec lourdeur les malheurs de tous ses personnages, en lui prêtant même ma concentration pour réussir à suivre ses chemins biscornus et autres flashback impromptus et mal-indiqués, tout çà pourquoi ? C'est bien la question que je me suis posée en fin de roman (juste après "il manque des pages ?" en regardant au sol).
Un sentiment d'inachevé et de récit vain.

Un épisode longuet de Dallas où tout s'enclenche mais rien ne se passe...



Kate Atkinson, A quand les bonnes nouvelles ?

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix littéraire des blogueurs 2010, catégorie Indiana. Ma note secrète a été transmise à George Sand.
Les avis des autres membres du jury ICI


3/10