Eemeli Toropainen, petit fils d'un vieux bolchévique connu pour comme brûleur d'église, se voit confier par celui-ci (par repentir la mort approchant), une mission délicate : créer une fondation funéraire ayant pour but de bâtir et entretenir une église.
Une seule recommandation, le mourant veut une église en bois, solide et construite selon les anciennes méthodes.
Bizarrement, cette seule et unique recommandation va définir tout le reste et susciter la réussite et la survie de toute une population.
En effet le monde se dirige vers des heures sombres : économie défaillante, crise monétaire, épuisement du pétrole, conflits et misère...
Eemeli, en se pliant au souhait de son défunt grand-père, va voir naître une petite communauté recluse autour de son église : valeurs écologiques et paysannes, retour à l'artisanat et aux vieilles coutumes vont permettre au "village" de vivre en autarcie, sans réellement se soucier des désordres du reste du monde...

Ce roman (assez court) signe ma découverte de Paasilinna et de la littérature finnoise.
L'exercice de critique est ici assez difficile puisqu'il s'agit surtout de sensations au moment de la lecture : style, anecdotes humoristiques, prises de point de vue, dialogues internes... indissociables de l'immersion dans le roman.
Une fois cette lecture digérée, il reste assez peu de tout çà ; le fil conducteur principalement et qui, isolé du reste, frôle l'absurde.

Je retiendrais malgré tout :
Un certain embrouillamini du lecteur face à la multitude de personnages. Les noms nordiques ne facilitant pas la mémorisation il faut le reconnaître, mais également le peu de travail en profondeur des personnages (ex : le personnage a une spécificité, il est forgeron, mais aucun trait particulier de personnalité qui le familiarise avec le lecteur).
Un jeu de l'absurde et de l'humour anecdotique agréable, qui donne un peu de fluidité au récit et un style marqué à l'ensemble. Avec pour bémol le fait que nous n'y sommes pas tous sensibles, ce qui le prive d'un certain public (je ne recommanderai pas cette lecture à n'importe qui).
Pour le fond, si on met de côté l'aspect catastrophiste un peu gavant "olala si on continue comme çà on va tuer la planète" (et encore le roman date de 1992, on ne peut pas vraiment lui reprocher de surfer sur cette vague médiatique), l'organisation et le mode de vie de la communauté sont assez séduisants.

Pour conclure, un roman atypique tant par sa forme que son fond, qui ne séduira pas tout le monde mais fera sourire certains !



Arto Paasilinna, Le cantique de l'apocalypse joyeuse

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix littéraire des blogueurs 2010, catégorie Indiana. Ma note secrète a été transmise à George Sand.
Les avis des autres membres du jury ICI


1/10