Un jeune suisse né dans les années 80 et élevé par sa grand-mère, est fasciné par les abeilles.
Au point qu'en grandissant, il devient apiculteur aux USA puis en Suisse où il récolte leur venin, isolé dans la montagne.
Ce jeune homme en mal de vivre ne trouve de stabilité qu'avec ses ruches. Le reste de son existence est partagée entre la haine, la colère et l'incompréhension qui l'habitent tour à tour... et qui le pousse vers les organisations néo-nazies.
Deux évènements vont cependant le détourner de cette pente glissante, et de cette apparente stabilité : la rencontre d'une jeune japonaise qui le force à revoir ses à priori, et la découverte d'un engrais chimique toxique pour ses abeilles et utilisé dans la région.

Daniel de Roulet traite ici deux sujets d'actualité : l'évolution écologique et l'impact sur les abeilles, et la déroute d'une génération suisse en manque de repère.
Ce roman d'apprentissage a quelque chose de Céline (mais en plus light tout de même) à travers ce personnage en colère et désabusé qui se réfugie dans sa haine sans vraiment y adhérer au fond, mais pour y trouver une motivation.
Avec pour valeur ajoutée ce côté passionné qui le poussera au geste ultime, désespéré afin de rendre sa propre justice.

Le silence des abeilles est un roman assez dur mais plein d'espoir puisque finalement il montre que les hommes changent mais aussi qu'ils peuvent, même à petite échelle (à celle des abeilles par exemple), faire changer le monde s'ils luttent pour des causes justes. Que de petits gestes peuvent avoir de grandes conséquences.



Une nouvelle fois merci à Babelio pour leur initiative ;)



Daniel de Roulet, Le silence des abeilles