La jeune Mary, originaire d'Edimbourg, écrit à sa mère depuis le bateau qui la transporte vers son futur époux, militaire en Chine.
Ce changement radical de vie l'effraie et la fascine à la fois, mais sa curiosité naturelle et sa vivacité d'esprit auront vite raison de ses à priori. Un peu trop même, au goût de la communauté des européens parmi lesquels évolue son couple.
Je suis en pleine période asiatique en ce moment (je savoure la saga du Clan des Otori dont je vous parlerai prochainement), mais loin des Murakami et autres auteurs orientaux bien connus.
L'Asie vue par les écrivains occidentaux est propice au mythe et à l'émerveillement, et c'est un vrai délice qui transparait dans leurs lignes.

Une Odeur de Gingembre, conjugue à ce plaisir celui de la forme épistolaire si chère à mon coeur de lectrice. C'est en effet à travers les lettres de Mary qu'on suit l'épopée de la jeune fille, puis de la femme qui succombe littéralement à la Chine puis au Japon jusqu'à finalement s'y fondre entièrement. Se pose les problèmes sous-jacents du gouffre des cultures et de l'éducation, des valeurs inculquées par deux sociétés si différentes, qui n'aideront pas Mary à trouver sa place dans un environnement qui ne cesse de l'émerveiller tout en l'écorchant à vif.
Mais de la même manière que le plant de Gingembre de son jardin, l'héroïne enracinée en Asie saura affronter les épreuves et tenir tête vaillamment, pour l'amour d'un pays qui ne lui rend que peu.

Un roman dépaysant, bien mené et incroyablement moderne dont la figure féminine n'a rien à envier à Mme Butterfly.
Merci George pour ce bon conseil !



Oswald Wynd, Une odeur de gingembre