Un vieil oracle avait prédit l'arrivée du Peuple turquoise et lu leur destin d'esclaves inscrit dans les étoiles.
Depuis des siècles, ce peuple à la peau claire et aux yeux bleu vit en parfaite soumission cette loi divine même si d'anciennes légendes prophétisent le retour de la déesse Ayesha, qui sera leur libératrice et leur guide pour un retour dans leur pays par delà les mers.
Ange nous plonge dans un univers en guerre, où deux grands royaumes, Harabec et l'Emirat, sont sur le point d'entrer en conflit.
La princesse Marikani, héritière d'Harabec, est envoyée comme émissaire pour tenter de s'arroger de nouveaux alliés lorsque son bateau est attaqué par les forces de l'émir. Marikani sauve alors un galérien, Arekh, qui deviendra son compagnon de route, puis son garde du corps personnel.
Ce hasard rapproche deux êtres que tout oppose, mais qui s'avèrent d'une importance capitale pour l'avenir des contrées.

Au premier abord, nous avons affaire à de la fantaisie bien rodée : la belle princesse, le mauvais garçon au passé louche et un long périple sur fond de poursuite.
Pour autant, et au-delà du simple divertissement, ce cycle aborde de grandes questions sous une forme surprenante et bien menée. Ainsi, deux points essentiels de l'univers du roman : la religion et l'esclavage, sont passés à la loupe et la manière dont ils sont abordés donnent matière à réflexion.
Ayesha, qui par le force de sa conviction, libérera son peuple d'un esclavage immérité deviendra à son tour prophète malgré elle : la lutte contre une religion de fanatiques et la libération d'un peuple soumis aboutit finalement à la naissance d'une nouvelle religion. Chose curieuse, mais logique dans le déroulement de l'intrigue.

De la fantaisie légère, bien menée, qui tient son lecteur en suspens et qui, de plus, apporte une valeur philosophique à l'ensemble, on ne lit pas ça tous les jours !



Ange, Ayesha : La Légende du Peuple turquoise