En raccrochant, son coeur s'est serré.
Elle cru un instant qu'il allait cesser de battre, étouffé par la compression.
Finalement, elle ferma les yeux, ravala un début de sanglot monté dans sa gorge en se mordant fort la lèvre inférieure, serra les mains à s'en faire blanchir les jointures et prit une longue inspiration.

Elle avait espéré, au fond, qu'il lui apporte le soulagement qu'elle n'arrivait pas à s'imposer. Pourtant, tout était clair. Elle devait s'éloigner de lui. Pour toujours. Et personne ne pourrait le faire à sa place. Tout comme personne ne pourrait lui dire que faire ensuite. Elle devait affronter çà seule.
Jean lui avait bien dit qu'elle pouvait rester le temps qu'il faudrait, mais elle ne voulait pas profiter de son hospitalité.

Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsque Max vint coller sa truffe froide sur son bras, en attente d'une caresse.
Sa surprise fit reculer le chien, dubitatif.

- Viens là, gros béta !

Sa voix se brisa, quand, en s'adressant à lui, elle plongea son regard dans les grands yeux noirs de Max : interrogateurs et inquiets.
Elle éclata en sanglots, la tête sur celle du mastodonte collée contre elle et qui émit un léger gémissement plaintif.
Quand elle relâcha son étreinte, il se mit à lécher minutieusement ses larmes, réussissant à lui arracher un sourire.


C'est à ce moment là que Jean choisissait de faire son entrée.


Trépignant depuis plusieurs minutes derrière la porte de la chambre où il s'était réfugié pour la laisser passer son appel au calme, il l'avait entendu pleurer, hésitant sur la marche à suivre.
La rejoindre ? au risque de la gêner, la prendre dans ses bras et... non trop cliché. Il allait juste franchir la porte et rester là, stupide et désemparé. Planté comme un piquet et il aurait encore l'air ridicule.

Il savait comment prendre soin d'elle ; lui faire de bonnes soupes maisons avec des légumes frais, lui proposer une promenade avec Max ou une bonne tasse de café, lui céder rapidement la salle de bain le matin pour qu'elle puisse prendre un bon bain, mettre des fleurs dans le vase de la table basse du salon, lui conseiller un bon film et finalement l'emmener au cinéma, la regarder dormir et remonter la couverture sur ses épaules, dire quelque chose de stupide quand ses yeux devenaient sombres... mais çà.

Alors qu'il en était là de ses réflexions, les sanglots cessèrent. Il poussa la porte.


Ils tournèrent la tête en direction du nouvel arrivant en même temps.
Jean eu la sensation étrange de les avoir interrompu, si tant est que l'on puisse interrompre une jeune femme et un chien en pleine conversation.
Il s'apprêtait à faire demi-tour, mal à l'aise sous ces quatre yeux inquisiteurs...

- Jean ?


Commentaires

1. Le jeudi 26 mars 2009, 10h35 par Fleur2palmier

Rhaaaa la suite (je sais je suis vachement originale) :-) on approche du dénouement mais ne me dis pas qu'on va rester sur notre fin comme ça?!

Le rythme s'accélère, mais le style me plait tjrs autant!

Je crois bien que tu viens à l'instant de signer mon arrêt de dire des bêtises sur mon blog! Faut que je trouve quelque chose maintenant c'est malin! :-))

2. Le jeudi 26 mars 2009, 10h45 par Plume

@Fleur2palmier : Ah ah ! je ne dirai rien, rien xD

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