Erica est de retour dans sa bourgade natale ; un petit village portuaire suédois déserté par les touristes en hiver ; pour régler les affaires de ses parents tout juste décédés, quand elle découvre sa meilleure amie d'enfance morte dans sa baignoire.
Ce meurtre déguisé en suicide va tout chambouler dans la petite communauté où chacun se connait de longue date et où les rumeurs vont bon train.
Elu meilleur thriller international 2008, La princesse des glaces profite sans aucun doute du sillon créé par l'engouement Millénium.
Sans conteste, le roman est bon mais ne doit rien à Larsson.
Le style déjà diffère sur pas mal de point. Le personnage principal étant une femme premièrement, ce qui somme toute n'est pas si courant dans le monde viril du thriller (en tout cas pour ce(ux) que j'ai lu). Mais aussi par l'alternance assez chaotique des points de vue et des personnages qui rend le début de lecture assez destabilisant ; le changement n'étant pas clairement défini, rythmé ou chapitré et on ne sait souvent pas de qui il s'agit dans les premières lignes (et ce même en fin de roman).
Les vrais fanas de thrillers trouveront sans doute que le tout manque d'action, de cadavres et de suspens et on ne les contredira pas. L'enquête est assez linéaire et peu sanglante mais loin d'être inintéressante pour autant. C'est un véritable livre-enquête au sein d'une communauté de villageois, et la psychologie des personnages rentrent plus en ligne de compte que les indices scientifiques.
On peut tout de même reprocher certaines lourdeurs au niveau de la rétention d'information afin de maintenir le suspens (le personnage vient de comprendre quelque chose, un point important, on le sait mais on ne sait pas quoi), procédé qui passe une fois mais qui à force devient agaçant.

Pour résumer, on passe un bon moment avec ce roman mais on peut difficilement le qualifier de thriller, pour les puristes en tout cas. Mais son côté romanesque et féminin lui assurent un succès auprès des lecteurs et surtout lectrices peu enclins ou habitués au genre.


Camilla Lackberg, La Princesse des glaces