Le téléphone qui sonne…. Pourquoi faut-il toujours qu’il y ait quelque chose pour m’empêcher de dormir, pour m’empêcher de m’empêcher de penser ? Je tends juste le bras pour décrocher et hurler que je dors avant de raccrocher. Mais voilà le mal est fait, je ne dors plus…
La brume se lève et une première pensée s’installe : il n’est toujours pas là. Il va donc falloir se lever, se nourrir, enfin vivre quoi.
Je déambule en string dans l’appartement vide où plus rien n’est à sa place, sauf le frigo. C’est lui que je cherchais justement, comme à tous mes réveils. Seulement voilà la journée, ou la nuit d’ailleurs je ne sais même pas, commence mal : il n’y a plus de jus d’orange… Dieu est contre moi je vais devoir avaler ma première vodka sèche et me faire livrer le précieux nectar sans tarder. Où est-elle au juste cette fichue bouteille ? Je parcours du regard l’espace autour de moi quand mes yeux tombent sur un paquet de cigarettes ; c’est décidé s’il est vide je me pends.

Il semblerait que Dieu, Lucifer ou peu importe qui en fait, ne veuille pas de moi tout de suite, qui voudrait d’une telle emmerdeuse de toute manière. Toujours est-il que je m’empresse en tremblant d’en allumer une. Tout mon corps se détend au contact des premières effluves de fumée.
Je peux donc me rasseoir sur le lit et continuer à chercher cette bouteille ; mon petit bout de paradis. Sa simple vue me redonne le sourire…me redonne ? A vrai dire c’est la seule chose en ce moment capable de me le donner tout simplement. Je me sers donc un demi verre à whisky dans celui qui traîne sur la table de chevet, sûrement celui d’hier soir. Le calme me revient.

Encore le téléphone qui sonne… je décroche nerveusement quand j’entends cette voix qui me coupe le souffle

- Ma  belle?
-…

C’est Toi ! Mon cœur s’emballe, je repose instinctivement le verre comme par respect.

- Alors on n’a plus de vodka ce matin ?

Toujours à te moquer de ta voix rieuse. N’importe qui s’inquièterait d’une telle chose et toi tu en ris. Je ravale cette petite pointe de rage.

- Dis moi plutôt toi, çà va ? Tout se passe bien ?

- Oh tu sais…rien d’exceptionnel

Rien d’exceptionnel ? Trois semaines d’absence et c’est tout ce que tu trouves à dire !

Le silence s’installe et une question m’obsède. LA question. Celle qui me brûle les lèvres à chacun de tes coups de téléphone mais qui me paralyse. Tu le sais très bien, qu’est ce que çà te coûterait de me soulager hein ? Tu serais capable de te moquer de moi… Et puis le problème n’est pas là ! J’ai tellement peur de ta réponse ! Quand est-ce que tu rentres ? Tu rentres bientôt ? Tu en as encore pour longtemps là-bas ?

- Tu as prévu quelque chose aujourd’hui ?

Comment çà prévu quelque chose ? Mais moi je me meurs ici, j’étouffe sans toi, si tu crois que j’ai que çà à foutre de faire « quelque chose », les magasins aussi peut-être ! Les magasins ? On doit être samedi ! Vite trouver quelque chose !

- Je dois aller au resto avec Sophie tout à l’heure, elle doit me rappeler.

- Bien, c’est bien. Embrasse la pour moi.

Tu parles ! Sophie, çà fait des mois qu’on ne se parle plus ! Des mois que je ne parle plus à personne d’autre qu’à toi. Comment peux tu gober un truc pareil !

- Et toi ? Tu l’occupes comment ta journée ?

- Oh tu sais…rien de passionnant !

Non je ne sais pas ! Et si moi je trouve çà passionnant hein ? Je décroche, la question revient.

- Je vais au club ce soir.
- …

C’est sorti tout seul. Pourquoi je serais la seule à souffrir.

- Tu sais le club ! Je t’en ai parlé la semaine dernière ! C’est fou comme çà marche bien !

- Tant mieux ma princesse, le principal c’est que tu te fasses plaisir…

Pas l’ombre d’une petite inquiétude. Comment est-ce que je peux compter si peu pour toi ?

- Bon ma belle, il va falloir que je raccroche et que j’y retourne.

- Ok… Au fait…tu rentres quand ?

Tu as raccroché, élan de courage avorté. J’ai même peur de remettre le combiné en place, au lieu de çà je le regarde d’un air stupide. Je me sens anéantie, et pourtant le simple fait d’imaginer tes yeux, ton visage entrain de me sourire ou me remémorer ta façon de me regarder suffit à me faire à nouveau basculer de ton côté… « Je me fais des idées. Il doit être très préoccupé avec un emploi du temps très chargé. S’il ne me dit pas ce fameux "quand" c’est que lui-même l’ignore… »

L’alternance entre dégoût de la réalité et naïveté peut être destructrice, j’en suis la preuve.

 

Commentaires

1. Le lundi 12 janvier 2009, 23h20 par intrepide

J'attends la suite maintenant (c'est malin ;(). Je suis curieuse. Très joli texte en tout cas.

2. Le mardi 13 janvier 2009, 03h44 par Eole

Oué la suite là, et plus vite que ça steuplé.

Ca accroche bien un texte comme celui-ci :o

3. Le mardi 13 janvier 2009, 09h43 par Plume

@Intrepide : c'est bien le but ! :p

@Eole : çà arrive, çà arrive

4. Le mercredi 14 janvier 2009, 09h42 par Fleur2palmier

J'ai un peu de retard dû à mon week-end prolongé mais euh j'ai le droit de réclamer la suite moi aussi?
Très joli texte, prenant...

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