Ce roman est l'histoire d'un mensonge, l'histoire d'une femme qui est pleine de ressources sans même s'en douter, une histoire de sentiments qui s'entrecroisent, une histoire d'espoirs déçus...
Un roman vivant tout simplement.
On se prend vite au jeu des personnages, et les pages défilent à toute vitesse. Un très bon moment de lecture, comme ils se font rares. Personnellement je n'avais pas si bien vécu un roman depuis Ensemble c'est tout. Mais la comparaison s'arrête là.
Le style peut être de prime abord déroutant : on alterne allègrement d'une focalisation à une autre (on passe du "Elle" à un "Je"). Mais, au final et après un petit temps d'adaptation, ce procédé profite au lecteur et l'aide à mieux comprendre les personnages, le "Il" sert l'action quand le "Je" sert l'émotion.
De même le changement de narrateur (chaque personnage l'est tour à tour) est très réussi, chacun ayant son style propre. Le tout restitue l'intrigue au lecteur à travers les yeux de l'ensemble des personnages dans une construction efficace.
Un seul point noir, s'il faut en trouver un, au sujet du cas de Shirley. Ce roman qui se veut réaliste gagne son pari sauf ici. L'histoire abracadabrante(-sque) de Shirley nous renvoie à la fiction par manque de réalisme et pêche un peu comparé à l'ensemble.


Katherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles