Mon dieu ! Ca y est, elle est là !

Une petite merveille, fragile, irréaliste, avec de grands yeux... même s'ils ne sont pas souvent ouverts pour le moment (ma femme dit que c'est normal).
J'ai peur de la toucher, peur de l'abimer. Mes mains me paraissent si grosses, si rudes, mes gestes si maladroits. Alors à défaut de la toucher, je la dévore des yeux... des heures durant.
... Ce p'tit bout de femme, ce p'tit bout de nous.

L'arrivée m'a paru interminable. J'ai vraiment compris ce que c'était qu'être impuissant et spectateur, pendant ces quelques heures çà a pris tout son sens.
Dire que je me plaignais d'être mis à l'écart, peu impliqué et que je jalousais ma femme à tout bout de champ. Je peux vous dire que, là, pour rien au monde je n'aurai voulu être à sa place ! Quelle expérience qu'un accouchement ! Je n'ai jamais ressenti à la fois autant de peur, joie, émerveillement et dégout.
Définitivement je n'aurai pas pu être une femme. Trop de souffrance, de courage et... et d'élasticité réunis.

La mienne a été exemplaire. C'est encore elle qui me rassurait en partant pour la clinique : "Tout se passera bien". J'aurai aimé avoir cette sérénité et répondre à ses sourires quand les siens devenaient grimaces de douleur. Mais non. Je suis resté bête comme mes pieds, le souffle court, grimaçant avec elle.
Je ne saurai dire qui de nous deux tenait la main de l'autre. Je me suis accroché à la sienne comme un homme à la mer.
Je vous passe les sombres détails (et il y en a).

Et finalement, voilà. Deux femmes à moi.
Je me demande si je sortirai un jour de cet état d'émerveillement...

On l'a tout de même "arrosée", la petite, avec les potes. J'étais heureux de les voir tous là. J'avais oublié combien ils m'avaient manqué ces derniers temps (et faire la fête aussi).

"Alors ça va ? soulagé ou angoissé le papa ?"
"Oh tu sais c'est pas si terrible que çà au final"
"Pour toi c'est sûr, t'as pas fait grand chose"

Purée je sais pas ce qu'il lui faut à celui là !
"On en reparlera quand ton tour viendra !"
"Tu parles ! moi ? un gosse ? Jamais, on est bien comme çà avec Isa"
"On en reparlera..."



Conseil pratique n°7 : Ne goutez pas le lait directement à la mamelle juste "comme çà pour voir", vous aurez l'air ridicule quand l'infirmière entrera.