(Merci à NeK pour le thème imposé : huit-clos consenti)

Nous y voilà...
La décision s'est imposé à nous il y a trois jours.
Un couple d'amis est venu diner à l'appart et... justement rien. Ils étaient juste là. "Non pas de canapés je suis au régime" pour lui et "Sans alcool s'il te plait, on essaye de faire un bébé" pour elle. Bien loin des plans tirés sur la comète, de la vie déjantée et rebondissante qu'on leur a connu.

Après leur départ, un grand silence dans le salon.
On s'est regardé et c'était fait. Pas de doute à avoir, nous aspirons à autre chose et l'occasion venait de se présenter.

Antoine a donc rappelé : "On est partant". En guise de réponse, une invitation à "quelques" tests pour vérifier notre "condition physique".
Après trente minutes de vélo, dix à souffler dans un tube, cinq passées dans un appareil radio étrange, deux prises de sang et avoir donner tous les détails de notre alimentation, on nous a renvoyé à la maison avec pour mission de "couper temporairement" le contact avec parents, famille, voisins, amis. Pour ce faire, un discours bien rôdé à apprendre par cœur.
Officiellement ce sera donc : "Vie trop pressante, besoin d'être utile aux autres, envie de voir un peu le monde, sortir de son quotidien, le faire pendant qu'on est encore jeune" jusqu'ici je n'aurais pas vraiment l'impression de mentir et "Nous partons en mission humanitaire en Centre-Afrique pour au moins 18 mois", l'unique mensonge est là.

Le résultat, c'est le drôle de regard de l'épicier, les félicitations des voisins, l'admiration de certains amis, les tentatives de découragement des autres et les larmes de maman au téléphone qui décidément "ne m'aura jamais compris".
J'écoute son sermon sur "la vie la vraie et la stabilité" d'une oreille inattentive pendant que je rédige les cartes de voyage qu'elle recevra au fil des mois, je joue au faussaire et je commence à aimer ça.