p>"Mi parcours"
C'est ce qu'annonçait le mot glissé sous la porte ce matin.
Jusqu'ici tout va bien. Le temps commence un peu à s'allonger et je pense que la moitié restante nous paraîtra deux fois plus longue que la première. L'ennui commence à se faire sentir. La sensation d'être un rat en cage, rien d'anormal à bien y réfléchir.
Ce petit mot est comme une note d'espoir. Il me rappelle deux choses : il y a bien des êtres humains derrière là quelque part, bien que nous ne soyons pas en contact avec eux ils sont là, et aussi la fin qui approche ! J'ai hâte d'y être et j'imagine déjà la suite. Rien de bien religieux ou déliranto-excentrico-luxueux ! Non, juste un bon bain chaud et pouvoir enfin me glisser dans mes propres vêtements. Au moins sur le moment, la folie des grandeurs viendra ensuite c'est une certitude. C'est ce que nous avons décidé, les plans que nous avons tracé et qui nous encouragent à mener ça à bien.
Hier soir au dîner, (enfin dîner ils nous font toujours avalé leurs sachets dégueulasses de protéines en poudre et autres gélatines de cosmonaute), on se disait justement qu'on avait de la chance d'être là. Même si ce n'est pas une expérience très enrichissante (humainement parlant), ni même très agréable il faut bien l'avouer, ben on a quand même de la chance que ce soit tombé sur nous. En quelques mois, on aura transfigurer nos possibilités d'avenir et pour rien.
Si au moins on pouvait abandonner ! Mais avec les conditions posées, on serait bien incapable lui comme moi de renoncer comme çà. La vie n'a rien de si terrible ici pour en arriver à une telle extrémité. C'était une règle du jeu, obsolète en notre cas. On ne paye pas la taxe de ses propres hôtels au Monopoly et ici nous sommes en territoire conquis.
Comme s'il lisait dans mes pensées, Antoine lève une main dans un désir de trinquer. Nous cognons donc nos verres invisibles et je savoure déjà l'idée du champagne qui coulera..