Perdre une Plume

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Nouvelles de plume › La plume à l'envers

Parce qu'un blog çà enregistre à l'envers, pour raconter une histoire autant commencer par la fin.

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lundi 12 mars 2007

La pièce 4/6

Le silence prends sa place...
Les murs exercent petit à petit tout leur pouvoir. Il est sévère, il est froid, d'une totale inhumanité et ses conséquences sont inimaginables.
Le blanc éclatant et froid qu'ils projettent font échos au vide dans ma tête. Je me force à la remplir avec de la musique par moment, quand des notes reviennent comme dans un élan de survie. Ces quelques chansons en mémoire et que je joue pour moi-même me garde saine, en vie et bercent mes espoirs.
Depuis quelques jours déjà, je me vois sombrer vers un état second. Quelque chose de nocif. Un malaise de dépressif qui, je le sais, va finir par glisser vers de la colère. Elle n'est pas encore là mais elle est sous-jacente, je la sens prête à surgir. Je la contiens avec de la musique. Pour le moment.
Lui non plus ça ne va pas fort. Il s'est complètement refermé, il subit le poids des murs tout comme moi. Nous souffrons en silence puisqu'il n'y a rien à dire. La culpabilité d'être là commence à nous ronger aussi, lentement... Je ne sais pas ce qu'on pouvait vraiment espérer de tout çà. Au final ça n'aura révéler que notre cupidité. Non je dérape. On voulait juste se prouver qu'on pouvait le faire. Et puis aussi vivre mieux ! Qui serait resté de marbre devant un défi à l'apparence si facile et à la récompense si alléchante ? Je crois qu'on s'est bien fait niquer et c'est tout. Tous les deux. On s'est fait baiser à ne pas connaitre notre propre réalité en se croyant meilleur que les autres. Juste ça.
D'un autre côté l'opération semble bien se dérouler. J'ai l'impression qu'on réponds parfaitement à leurs attentes. Et ça m'enrage. Je les hais déjà depuis quelques semaines. Le malaise augmente, ils ont le pouvoir, et ils réduisent nos solutions pour accentuer le malaise. Nous ne pouvons plus écrire qu'une fois tous les deux mois environ. Le compte des jours ici est assez difficile, je commence à perdre la notion du temps. Les activités et tests du début ne sont apparemment plus d'actualité. Et dire que je m'y prêtais en grommelant. Qu'est-ce que je ne donnerai pas pour un test surprise de 4h sur mes capacités psychomotrices ! Mais non rien... Juste rien.
Le temps, le silence et les murs.

lundi 5 mars 2007

La pièce 5/6

Je dors mal... Le seul plaisir qui me restait s'évade lui aussi.
Je me réveille en sursaut, parfois même en sueur, je crois qu'il est là au dessus de moi. Mais non, il est juste assis à l'autre bout et il me regarde. Je crois qu'il comprends. Ça fait déjà plusieurs jours qu'il ne dort plus devant moi. Ou qu'il ne dort plus tout court je ne sais pas. Je n'ai même plus de musique dans la tête, seulement du silence. J'ai l'impression que tout est si loin et qu'il ne me reste plus rien. Plus rien, excepté l'angoisse.
Je n'arrive pas à lui parler, un gouffre nous sépare, la méfiance a pris le dessus et j'ai peur que nous ne puissions plus revenir en arrière. J'essaye de me dire qu'une fois tout ça terminé, on rentrera tranquillement et qu'on rira de ça avec une bonne coupe de champagne ensuite... Mais au fond je n'y crois pas, on ressortira mais pas ensemble. Dans le meilleur des cas tous les deux mais chacun de son côté du trottoir et sans avoir plus rien à se dire.
Même ses yeux ont changé. Ils sont devenus ternes, résignés, vides. Peu importe la suite, avec ou sans moi, j'espère tout de même qu'une petite étincelle de vie y reviendra. J'écris ça parce que je suis dans un bon moment. La plupart du temps je le hais au plus haut point. Je ne supporte plus sa présence, son regard. Savoir qu'il est désormais le seul miroir que je peux avoir de moi-même me dégoute, et le retour qu'il m'apporte par son regard me donne froid dans le dos sur ce à quoi je dois ressembler. Je préférais encore son visage impassible des semaines passées, il n'y avait rien à y lire si ce n'est l'indifférence, maintenant j'y vois du dégout.
Parfois aussi je souhaite que tout se termine, j'ai envie de me jeter dans ses bras et de lui dire "allez ça suffit, vas y, je te rends ta liberté" mais non rien à faire, au premier pas dans sa direction je me stop net. Mon instinct de survie est encore trop grand. En plus il pourrait mal interpréter le geste, je veux bien tout supporter mais pas une fin violente comme ça sur un malentendu. Au moins que les choses se fassent en douceur.
En fait je crois que j'ai accepté. Je sais et j'admets que çà se terminera mal... La question est pour qui ?

jeudi 22 février 2007

La pièce (6/6)

Ce matin je l'ai fait. Je l'ai fait. Je l'ai lu dans son regard, il a hoché la tête et je l'ai fait. Ils avaient raison...
Je suis restée longtemps sans bouger, sans penser, comme bloquée dans l'instant. Impossible d'en sortir. Je ne sais pas combien de temps j'ai pu rester comme çà. De toute façon ici le temps n'a aucune valeur, c'était peut-être juste quelques minutes comme des heures. Je sais juste que je tremblais quand je suis revenue à la réalité. Le geste m'a libéré et c'est là qu'est toute l'horreur. Je l'ai fait en toute conscience mais comme un automate, comme si j'avais fait ça toute ma vie. Maintenant j'attends. J'attends qu'on vienne me chercher, me punir, m'emprisonner, je ne sais pas trop au juste mais qu'on vienne.
Ça commence à faire long. Mais qu'est-ce qu'ils foutent putain ? Ils vont quand même pas me faire croire qu'ils ont pu rater un truc pareil ! Ils le savent forcément. Alors qu'est-ce qu'ils attendent maintenant ? Que je devienne folle sûrement. Je sens leur yeux sur moi, ils pourraient bien pousser le vice jusque là.
J'ai déjà envie de hurler, de pleurer de rage. Non. Reste calme, reprends toi. Ne montre rien. Tu leur as déjà tout donné alors pas ça, garde ça, maîtrise-toi. C'est décidé je ne leur donnerai rien de plus.
Tu as l'air bien toi au moins. T'es peut-être pas le plus à plaindre au final.
Comment on a pu être con à ce point là ? Croire que "non, nous on n'est pas comme ça" ? On est humain un point c'est tout... Et eux, ça, ils le savaient bien.
"Pardonne moi"'
Je l'ai murmuré. Trop tard ça m'a échappé.
Peut-être que maintenant ils vont venir me chercher et m'emmener, me sortir de là. Peu importe pour où, juste sortir d'ici et m'éloigner de toi. Je sens que ma raison va lâcher. Rester concentrée. Ne pas penser trop fort. Respirer.
Ils vont venir... tôt ou tard

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