Perdre une Plume

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vendredi 27 janvier 2012

Beau rôle

Du personnage de Beau rôle, jeune acteur « satisfait d’être libre et relativement célèbre, satisfait d’exercer un métier enviable, satisfait de n’envier personne », on ne sait trop s’il est carrément insupportable ou finalement touchant. Il est en tout cas, à lui seul, un concentré des contradictions et des faiblesses, cynisme et sentimentalisme mêlés, du jeune mâle contemporain imbu de lui-même mais secrètement rongé par le doute. Si on ajoute à cela qu’il est métis, et de fait à l’aise nulle part, on comprendra qu’Antoine Mac Pola est une figure typique des romans de Nicolas Fargues qui trouve là, de l’Europe aux tropiques, une nouvelle occasion de décrire avec une précision à la fois féroce et totalement désinhibée toutes nos complaisantes manières, qu’elles soient amoureuses, sociales, ou ethniques, de composer avec notre médiocrité.

J'avais assez aimé J'étais derrière toi et la plume à la fois intimiste et juste de Fargues, je m'étais donc décidée à lire un autre de ses romans.
Je ne sais pas si j'ai joué de malchance ou si ces autres romans sont plus dans la veine dans celui-là mais je dois dire que ce ne fut pas une très bonne expérience...

Le quatrième de couverture annonce qu'on ne sait pas trop quoi penser du personnage, qu'il joue d'ambivalence aux yeux du lecteur... Pour moi c'est assez net : il est insupportable. Vain, tout comme ce roman.
Je n'ai trouvé aucune finalité dans la description de cet homme et de sa vie, dans le bref parcours que Fargues nous en livre et dans ce voyage qu'il fait.
On se demande ce qu'on est entrain de lire et pourquoi...

Antoine est férocement attaché à son image, à sa réputation et à son argent. Il est en permanence dans la séduction, au point d'en devenir risible. Ses faiblesses-névroses n'en font pas un personnage touchant, il est bien trop imbu de lui-même pour çà. Bref rien d'attachant ou susceptible de susciter de l'empathie, il n'est même pas assez véritablement "méchant" ou intelligent pour à défaut être intéressant.

Reste quelques bonnes tournures, des situations ingénieuses que Fargues sème de-ci de-là (et heureusement) et qui me laissent penser que ce roman n'était juste pas pour moi, que c'est une erreur de parcours et que je retenterai avec cet auteur, en espérant ne pas être déçue !

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Nicolas Fargues, Beau rôle

***Du même auteur***
J'étais derrière toi

jeudi 26 janvier 2012

Zombillénium T2

Tags sur les murs, avertissement du curé du coin : visiblement les esprits s'échauffent autour de Zombillénium. Quand on n'embauche que des morts (ou des sorcières !) dans une région où le taux de chômage est à 25%, il faut bien s'attendre à quelques frictions. Si l'on ajoute à ça des visiteurs une miette pénibles et des employés qui, pour être morts, n'en aimeraient pas moins prendre des vacances, on comprend que ce n'est pas trop le moment de venir parler revendications salariales à Francis Von Bloodt.

Après le véritable coup de cœur du premier tome j'attendais beaucoup de ce second tome, et malgré nombre d'avis mitigés voire négatifs chez mes comparses je me suis tout de même lancée.

Au final je dois dire que je suis un peu déçue aussi...
Certes çà reste bon, aussi bien le dessin que l'humour mais je n'ai pas ressenti de véritable continuité avec le tome précédent et j'ai trouvé l'intrigue de celui-ci plus brouillon. Bref j'ai moins adhéré, j'en attendais un peu trop !

L'ensemble reste une fois de plus impeccable. Arthur de Pins pousse l'humour jusqu'à ajouter un fac-similé du journal local (en l'occurrence la Voix du Nord) en deux pages qu'on peut trouver glissé entre les pages de la BD, j'aime ce sens du détail dans ce petit clin d’œil qui a pour moi une vraie valeur ajoutée.

Chaque tome offre donc une intrigue liée au parc d'attraction mais en se concentrant sur un nouveau personnage, la trame de fond avance assez peu et une fois cette introduction du personnage faite on ne suit pas vraiment son évolution dans le tome suivant (le premier tome mettait en scène principalement Gretchen et Aurélien qu'on ne fait qu'apercevoir dans celui-là)... J'aurai apprécié une plus grande cohésion !

Reste que 2 tomes (un coup de cœur et une légère déception) ce n'est pas très indicateur de ce que sera l'ensemble de la série. J'ai hâte de voir ce que fera Arthur de Pins pour la suite, notamment s'il va continuer à traiter un nouveau personnage par tome ou s'il va se focaliser sur le monde qu'il a déjà mis en place et les personnages déjà introduits...

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Arthur de Pins, Zombillénium, Tome 2 : Ressources Humaines

***Du même auteur***
Tome 1 Gretchen

mercredi 25 janvier 2012

Pouvoirs Obscurs T3


Chloé et ses amis ont trouvé un refuge provisoire, mais peuvent-ils vraiment faire confiance à ceux qui disent vouloir les aider ? Rien ne sera plus jamais pareil, après tant d'épreuves et de trahisons. Chloé doit faire face à ses responsabilités, apprendre à maîtriser ses pouvoirs… et ses émotions. Son cœur de nécromancienne balance entre un loup-garou et un sorcier, mais ce n'est pas le moment de se laisser distraire : la survie passe avant tout.

Cette trilogie monte en force à chaque tome et je dois dire qu'avec celui-là je me suis régalée, de manière plus nette qu'avec les deux précédents dont mes avis étaient plus mitigés !
Entre les secrets que cachent les adultes de la maison, les apprentissages de chacun avec des maîtres respectifs, le rapprochement sensible entre Chloé et Derek on ne s’ennuie pas une seconde.

Le plan de bataille met tout de même un certain temps à se mettre en place et même si les pages défilent avec plaisir on sent petit à petit se rapprocher la fin alors que rien n'est réglé ! J'ai eu peur d'avoir le droit à une fin facile, bâclée et vite expédiée et finalement non...
En fait on n'a pas vraiment le droit à une fin ! Tout juste celui d'une étape.

J'étais donc plus que frustrée en refermant le livre, avant d'apprendre qu'une seconde trilogie doit lui succéder (dont le premier volume en VF est prévu pour avril de cette année). Soulagement donc, il restait encore tant de points à éclaircir !

Pour le reste j'aime de plus en plus Derek (dire que je le trouvais insupportable dans le premier tome) au point qu'il occupe presque à mes yeux la place de personnage principal. Chloé évolue moins, elle mériterait de gagner un peu en charisme et en personnalité ! Même le frère de Derek est au final plus adulte qu'elle...

Une bonne saga fantastique jeunesse, qui a malheureusement des manques pour un public adulte, mais qui a le mérite de s'assumer, de s'inscrire dans une continuité plutôt positive et qui sort un peu de ce qui se fait habituellement.
Rendez-vous en avril !

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Kelley Armstrong, Pouvoirs Obscurs, Tome 3 : La révélation

***Du même auteur***
Pouvoirs Obscurs :
T1 : L'invocation
T2 : L'éveil

mardi 24 janvier 2012

La quai de Ouistreham

La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu'en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l'impression d'un monde en train de s'écrouler. Et pourtant, autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J'ai décidé de partir dans une ville française où je n'ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail. J'ai loué une chambre meublée. Je ne suis revenue chez moi que deux fois, en coup de vent : j'avais trop à faire là-bas. J'ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n'ai plus quitté mes lunettes. Je n'ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m'arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c'est-à-dire celui où je décrocherais un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque six mois, de février à juillet 2009. J'ai gardé ma chambre meublée. J'y suis retournée cet hiver écrire ce livre.

Un livre expérience qui se lit comme un roman, une enquête sur le monde du travail dans une région quelque peu dévastée par le chômage... Un livre à la fois rassurant, puisqu'on se rend compte ainsi que le chômage et la manière dont il est vécu est une expérience à la fois personnelle et identique pour chacun, inquiétante puisque elle montre qu'au final personne n'est épargné.

Quiconque ayant vécu une période de chômage trouvera un véritable écho dans ces lignes ; l'expérience du pôle-emploi, les petites annonces, les exigences des recruteurs, l'angoisse qui guette avec le temps qui passe, les concessions de plus en plus dures auxquelles on se soumet, la pression psychologique que peut avoir un employeur potentiel...
Aubenas pousse l'expérience dans ses extrémités en se présentant comme une femme sans expérience et sans qualification et qu'elle va être d'office orientée vers les postes de femme de ménage, employée intérimaire plus ou moins interchangeable qui va finalement se plier en quatre pour obtenir "des heures".

Même si clairement il y a un monde entre ce que connait l'auteur et celui qu'elle découvre, reste que le fait de le vivre comme une expérience qui aura un terme fausse un peu l'enjeu. D"un point de vue psychologique se dire "j'en bave mais c'est juste le temps de décrocher un CDI" ou "j'ai décroché un CDI de merde et je vais récurer des WC pour le reste de mes jours" il y a tout de même un pas !

Ce qui reste appréciable c'est qu'au-delà des chiffres qu'on entend au journal, au-delà de ces chômeurs ou bénéficiaires du RSA qu'on a trop tendance à nous présenter comme des profiteurs ou des faignants, Aubenas s'intéresse à la France qui trime, celle qui se lève tôt et qui se bat pour avoir un travail, qui se fait exploiter de manière consentante et qui s'échine jour après jour.
Elle retranscrit une réalité d'un monde du travail qui a bien évolué depuis deux décennies, que les politiques ont tendance a oublier et que les privilégiés ignorent. Un monde qui mérite toutefois qu'on s'y attarde, qu'on le considère si on espère un jour pouvoir changer cet ordre en marche des choses...

Je ne dirai pas pour autant que ce livre soit pessimiste, car au-delà d'une certaine misère reste la chaleur humaine, les rencontres et la solidarité qui laissent tout de même entrevoir que le pire n'est pas encore là. Que l'univers du chômage et des emplois non qualifiés reste un milieu où malgré tout on rit, se fait des amis et parfois même travaille dans la bonne humeur.

En résumé un document-enquête important même si un peu faussé par le but avoué de l'auteur, qui livre une réalité trop souvent ignorée du monde du travail "en crise".
À lire.

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Florence Aubenas, Le quai de Ouistreham

lundi 23 janvier 2012

La conspiration

C'était la dèche chez les vampires du Sud. L'ouragan Katrina avait tout dévasté, et les dégâts étaient considérables : réductions d'effectifs drastiques, rénovations hors de prix, procès... La Reine des Vampires en était presque réduite à faire la manche, et par-dessus le marché elle était accusée de meurtre ! Moi, Sookie Stackhouse, qui pouvait la blanchir, on m'envoyait au sommet des vampires au sein de la délégation officielle. J'avoue que je n'étais pas mécontente de quitter Bon Temps pour les bords du lac Michigan. Même s'il fallait supporter la présence de mon ex. Il allait s'en passer des choses ! A commencer par des meurtres. Beaucoup de meurtres. Comme d'habitude, c'est à moi de tirer tout cela au clair...

Suite aux rebondissements du précédent tome Sookie est plus que jamais impliquée dans les affaires des vampires et doit répondre à une convocation de la Reine de Louisiane pour assister à un sommet vampirique dans un grand hôtel où la tension est palpable...

À un autre niveau également puisque Sookie se retrouve coincée entre Quinn (rhaa Quinny !!), Eric et Bill ! Il y a de la testostérone dans l'air et de quoi agacer sévèrement notre petite blonde qui contre toute attente va finalement comprendre et plus ou moins accepter les élans de son cul cœur (mais non je n'en dirai pas plus !)

L'épisode se déroule loin de Bon Temps, on n'aura donc peu de nouvelles de la faune habituelle (Jason, Sam, Amélia...) et pourtant le tome est assez chargé du point de vue de l'intrigue. Les jeux sociaux des vampires sont assez subtils et accaparent pas mal Sookie. Alors si ajoute à cela les fanatiques de la Confrérie du Soleil on a amplement de quoi faire.
On croise aussi Barry, un autre télépathe qui ouvre pas mal de pistes intéressantes !

La fin est pour le moins explosive, j'ai tout simplement adoré ! Notamment ce fameux choix qui n'en est pas un qui s'impose à Sookie et dont on a plus que hâte de voir les conséquences dans le prochain tome !!

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Charlaine Harris, La communauté du Sud, Tome 7 : La conspiration

***Du même auteur***
La communauté du Sud (Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6)
Interlude Mortel
Harper Connelly
(Tome 1, Tome 2, Tome 3)

dimanche 22 janvier 2012

L'amant

Roman autobiographique mis en image par Jean-Jacques Annaud, L'amant est l'un des récits d'initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un rentier chinois de Saigon. Dans l'Indochine coloniale de l'entre deux-guerres, la relation amoureuse entre cette jeune bachelière et cet homme déjà mûr est sublimée par un environnement extraordinaire. Dès leur rencontre sur le bac qui traverse le Mékong, on ressent l'attirance physique et la relation passionnée qui s'ensuivra, à la fois rapide comme le mouvement permanent propre au sud de l'Asie et lente comme les eaux d'un fleuve de désir. Histoire d'amour aussi improbable que magnifique, L'amant est une peinture des sentiments amoureux, ces pages sont remplies d'un amour pur et entier.

Un grand classique dont je m'étais malheureusement quelque peu spoliée la lecture en ayant vu le film il y a quelques années. Ce sont donc principalement ses images là qui se sont imposées à moi alors que je faisais défiler les page.

Étrangement le livre m'a plus dérangé que le film ! La part autobiographique est beaucoup plus sensible d'une part et les mots peut-être plus crus... (çà reste léger mais j'ai trouvé cette lecture assez rude au final).

Si j'ai aimé cette description de l'Indochine coloniale et l'ambiance qui imprègne ces pages, j'ai eu plus de mal avec cette petite Marguerite si dure et blindée qui agit avec une certaine froideur, résolue et résignée.
Possible aussi que l'auteur malgré les années se doit de prendre une certaine distance avec les évènements passés qu'elle retranscrit ici, toujours est-il que la sensation a été pour moi dérangeante.

Le 4ème de couverture parle d'amour, je n'en ai pas vu. J'ai lu de la passion émotionnelle et physique, celle du jeune homme est certaine, mais rien de romantique ou de sentimentale...

Reste que Duras écrit admirablement bien, son style est à la fois épuré et poétique, chaque mot est à sa place, mesuré, choisi. Un délice.
Un livre donc qui mérite sa bonne place au sein de la littérature française, et également qu'on s'y attarde mais qui ne m'aura pas convaincu outre mesure au delà de son ambiance et de sa forme.

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Marguerite Duras, L'Amant

C'était la lecture du mois de juin (Je ne l'ai pas publié dans les temps, tant pis et de toute façon je m'acharne à finir ce challenge !)
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samedi 21 janvier 2012

Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini

Linnea, dix-sept ans, ne s’est pas vraiment remise du suicide de Pia, sa meilleure amie. Elle a bien essayé de se faire de nouvelles copines, mais entre celle qui la suit comme un labrador et celle qui joue la star partout où elle passe, ce n’est pas très brillant. Linnea cherche sa place. Elle cherche le sens de la vie, aussi. Et obtient finalement quelques réponses pas idiotes du tout, en questionnant tout le monde et n’importe qui, genre son petit frère : « C’est comme un film, tant qu’on n’a pas vu la fin, on ne peut pas savoir de quoi ça parle. Si ? » Alors elle envoie tout balader, grâce à sa grand-mère qui lui file un paquet d’argent. Linnea décide de partir en voyage. À la gare de Stockholm elle croise la route de Mark. Un de ces mecs qui bouleversent votre itinéraire. Un de ces loups face auxquels on devient Petit Chaperon rouge.

Après ma lecture de Entre Dieu et moi, c'est fini j'ai été contente de découvrir qu'il y avait une suite avec ce second roman et de replonger avec Linnea et son caractère dévastateur.

On se concentre donc plus sur la jeune fille cette fois, un épisode de sa vie adolescente en particulier.
Je n'ai pas retrouvé les jeux de construction et la structure du premier tome (la chronologie est respectée cette fois notamment), et la finalité est moins marquée aussi.
Finalement on embarque un peu pour un second tour mais sans retrouver les sensations du premier.

Je dois aussi dire que j'ai plus ressenti l'aspect "adolescence" cette fois, avec cette décision prise sur un coup de tête et l'amourette qui s'en suit.
Pour autant ce n'est pas une lecture désagréable si on a aimé la première ! Le personnage de Linnea est atypique et même si elle est un peu moins revêche dans ce tome elle prend ici une sacrée leçon et c'est au final grâce à son caractère qu'elle se sort de la situation dans laquelle elle s'est mise.

Je ne conseillerai donc ce livre qu'aux lecteurs du premier tome curieux de retrouver Linnea.
Mazetti me semble plus feignante avec celui-là et nous livre quelque chose de facile que sauvent uniquement son personnage et sa plume.

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Katarina Mazetti, Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini

***Du même auteur***
Les larmes de Tarzan
Entre Dieu et moi, c'est fini

vendredi 20 janvier 2012

En bref

- Une journée de formation (attendue depuis 3 mois et désormais obsolète)
- Une initiation au Do In
- Une pizza au reblochon
- Un match de tennis (que j'ai gagné \o/ )
- Quatre belles lectures (dont un livre voyageur)
- Une conversation téléphonique tardive avec ma jumelle de cœur
- Plusieurs fou rires
- Deux roses au jardin
- Deux livres "cadeau de noël" de mon n+2 choisis avec goût (le dernier Zafon et le dernier Vigan rien que çà, c'est bon d'avoir un boss lecteur !)
- Un recalage en règle au don du sang
- Une galette au bureau
- Deux épisodes de série regardés (seulement !!)
- L'anniversaire paternel
- Trois déjeuners dehors au soleil
- Et un week-end qui s'annonce sous la couette, à recharger les batteries et à lire !

Une semaine chargée et étonnante à la fois...

Pumped Up Kicks by Foster the People on Grooveshark


mercredi 18 janvier 2012

Mercy Thompson T3

"Je retroussai mes babines pour lui donner une bonne vue de mes crocs. J'avais beau ne pas peser plus de quinze kilos sous ma forme de coyote, j'étais néanmoins un prédateur..."
La forme de Mercy Thompson est peut-être changeante, mais ce n'est pas le cas de sa loyauté. Lorsque son ancien patron et mentor est arrêté pour meurtre et abandonné par les siens, Mercy est la seule à vouloir l'innocenter, qu'il le veuille ou non. Le coeur de Mercy , quant à lui, est à l'image de la nature de sa propriétaire : partagé. il balance entre deux loups-garous. Or, ces derniers ne sont pas réputés pour leur patience, et si elle ne parvient pas à faire un choix, Sam et Adam s'en chargeront peut-être pour elle...

C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé Mercy dans ce nouvel épisode, curieuse de découvrir ce qu'elle me réserverait après le second tome et sa plongée dans le monde des vampires...

C'est cette fois chez les faes (diverses créatures magiques) que Briggs nous entraine, dans un intrigue autour de Zee (ancien propriétaire du garage, ami et protecteur de Mercy) et de meurtres commis dans une réserve faes dont il va être accusé.

On découvre donc un nouvel univers, et le passé d'un autre personnage proche de l'héroïne. Les mystérieux Seigneurs Gris également...
L'intrigue est bien menée, rythmée. Ajoutons à cela la poursuite du triangle amoureux noué dans les deux premiers tomes et qui se renforce encore ici et on a finalement peu le temps de souffler !
Encore moins celui de s'ennuyer ;)

Ce tome est aussi bien plus sombre, plus dur. Loin de la bit-lit pour ado c'est le moins qu'on puisse dire ! Non pas qu'il soit question de sexe véritablement mais plutôt de violence à la fois physique et émotionnelle.
Sans vous en dire trop Mercy va devoir une fois de plus traverser bien des épreuves, et même si l'on sent une évolution de son personnage à chaque tome celui-là sera certainement marquant dans son parcours.

Briggs arrive donc une fois de plus à tenir son lecteur en haleine de manière efficace, à se renouveler et à ne pas se laisser aller à la facilité des poncifs du genre, elle ne laisse pas place à la lassitude tout en gardant une trame de fond cohérente et aboutie. Chapeau !

Chaque tome apporte son lot de surprises, de découvertes, de réponses et de nouvelles questions et à chaque tome refermé on brûle plus que jamais de lire le suivant. Indéniablement une saga qui vaut le détour.

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Patricia Briggs, Mercy Thompson, tome 3 : Le Baiser du fer

***Du même auteur***
Mercy Thompson T1 : L'appel de la lune
Mercy Thompson T2 : Les liens du sang


lundi 16 janvier 2012

C'est une chose étrange à la fin que le monde

Qu’est-ce que la vie et d’où vient-elle ? Comment fonctionne l’univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ?
Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s’efforcent de répondre à ces questions. L’histoire s’est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l’âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l’ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants ? Est-il permis d’espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ?

Il m'a fallu du temps pour vraiment me laisser convaincre par ce roman, et ce n'est qu'une fois passé le premier quart que j'ai vraiment commencé à profiter pleinement de cette lecture...

Ormesson qu'on ne présente plus est un vrai régal ne serait-ce que pour l'élégance et le justesse de sa plume.
Il s'attèle pourtant là à une tâche difficile qui m'a quelque peu déroutée dans ses premières pages. Ormesson s'attaque à Dieu, la philosophie et la science : tout ce que l'homme a mis à son service dans sa grande et inachevée tentative pour comprendre le sens de la vie. Pas évident donc.

La plus grande difficulté selon moi est celle du ton et l'auteur a fait le choix d'une double-casquette qui tantôt lui donne autorité tantôt le protège des possibles dérives et accusations religieuses (parce qu'on le sait, dès qu'on s'attaque à Dieu on s'expose aux pierres...) : celle du grand-père plein d'expérience qui fait un bilan de sa vie et celle du prof.
Le récit façon "vieillard plein de sagesse" (je caricature un peu mais je l'ai vraiment ressenti comme çà par moment) a un côté émouvant et c'est dans cette partie qu'on ressent toute l'humanité de ce grand homme, sa bienveillance.
Celui façon prof est à la fois plus agaçant et aussi la plus intéressante (oui c'est étrange hein ?). Le ton professoral digne d'un maître de conférence un peu hautain instaure une distance parfois désagréable pour ne pas dire déplacée en début de roman puisque l'auteur y expose des faits scientifiques connus (on a donc un peu le sentiment de se faire prendre pour un inculte). Puis chemin faisant on s'y fait et c'est finalement par cette voie là que l'on aura les faits les plus intéressants le tout vulgarisé et retraduit pour le commun des mortels.

Cette double voix s'avère finalement assez riche et crée un équilibre dans le roman. Le plaisir est croissant et laisse suggérer une fin à la fois espérée et redoutée : on sait bien que Ormesson n'a pas la réponse à toutes ces questions que chacun se pose, mais quelle sera sa propre conclusion ?
J'ai regretté qu'il n'assume pas véritablement l'ensemble de ses réflexions (pourtant par moment assez prononcées) et qu'il préfère un dernier bilan plus guimauve qui n'apporte qu'un peu de sentimentalisme aux dernières pages...

Pour résumer un livre éminemment bien écrit sur un thème à la fois captivant et polémique. Ormesson s'en sort bien sur ce terrain glissant même s'il lui faut pour çà faire quelques pirouettes !
Il faudra tout de même un petit temps au lecteur pour vraiment entrer dans le roman et se faire à la dualité des tons, mais s'il pousse jusque là il sera récompensé par quelques anecdotes philosophiques et scientifiques plus qu'enrichissantes.

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Jean d'Ormesson, C'est une chose étrange à la fin que le monde

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